Chronique du temps passé : chapitre 1 - Sainte Croix des Neiges

LA MERVEILLEUSE  AVENTURE DE SAINTE CROIX DES NEIGES

Chronique du temps passé - chapitre 1

A l’heure où Sainte Croix des Neiges met en service un nouveau «chalet» , se sépare d’un autre, «Perce-Neige», datant des années 50 affecté aux élèves de 6ème et 5ème, et alors que l’association des Anciens peine à compter dans ses rangs et parmi ses responsables des «jeunes Anciens», il nous a semblé utile de relater les origines et la marche de l’établissement vers le temps présent, afin de rétablir un lien plus vivant entre les générations qui ont bénéficié de son cadre, unique à tous points de vue.

C’est l’objet de cette chronique qui, trimestre après trimestre, retracera l’histoire de «Sainte Croix» à partir des témoignages et écrits des plus anciens et des bulletins du collège, dont la collection complète sera prochainement réunie dans une «salle des Anciens» que le directeur, Monsieur SALAÜN a proposé d’aménager dans les locaux.

Ce récit doit beaucoup aux souvenirs de Jean SALLE, enseignant des origines qui a vécu les 20 premières années de Sainte Croix (1948-1958) et laissé une monographie de cette histoire que son fils Bernard a bien voulu nous prêter ainsi que de multiples photos qui égrènent l’histoire de l’établissement. Nous l’en remercions très chaleureusement.

Comment est né «Sainte- Croix des Neiges?». Dans la tête et le coeur de l’abbé Jean de Clarens.

Ecoutons Jean Sallé, un des professeurs des origines :

«1946-47 : l’abbé Jean de Clarens est préfet de seconde à Sainte-Croix de Neuilly. Monseigneur Dussoulier est Supérieur.

La fin de la guerre a laissé les jeunes assez fatigués. Presque chaque semaine, des élèves doivent quitter l’établissement et aller se reposer en montagne. Malheureusement, il n’existe alors que des maisons d’enfants, de fait les études des jeunes sont interrompues.

L’Abbé de Clarens rêve alors de la création d’un établissement où les élèves de Sainte-Croix fatigués pourraient certes se reposer, mais aussi continuer leurs études.

Il confie son rêve au Supérieur, a priori plutôt réticent.

Mais un soir, alors que quatre enfants sont encore partis en montagne, le Supérieur dit à l’abbé de Clarens : «allez-y pour votre école de montagne!».

C’était la fin de l’hiver, l’Abbé enfourche immédiatement (souligné dans le texte) sa

moto, part dans les Alpes, visite les agences immobilières, et découvre un hôtel à vendre à Abondance : l’hôtel Edelweiss, propriété de Francis Cretin-Ayasse.

Il s’en porte acquéreur, évidemment sans un sou vaillant, mais plein de confiance dans le ciel.»

Entrée alors par la façade ouest ‘actuellement salle de jeu). Sur la grande photo, remarquer la petite dimension du terre plein devant la façad et à droite le petit grenier devenu la Ruche.

L’ouverture était initialement prévue pour le 1er octobre 1947. Hélas les travaux n’avaient guère avancé, il fallut reporter cette ouverture au 1er octobre 48. Si ce retard avait lieu, c’est que les problèmes financiers étaient difficiles. L’achat de l’Edelweiss s’était effectué pour 8 millions de l’époque, bâtiments et mobilier.

Une société avait été rapidement constituée(…). Les actions étaient proposées : en quelques jours 3 millions étaient trouvés, le million suivant nécessita deux mois. (…).

M.l’Abbé de Clarens et son ami M. Bujon se lancèrent alors dans une opération de porte à porte chez tous les amis anciens et nouveaux de Sainte-Croix de Neuilly».

  1. Sallé rapporte quelques épisodes marquants, caractéristiques à la fois des grandes difficultés matérielles rencontrées dans l’après-guerre et de la volonté inflexible de l’abbé, un des traits dominants de son caractère, tendu vers le but à atteindre. Qu’on en juge!

«A la suite d’un diner chez M…., l’Abbé reconduit par un chauffeur eut la surprise de trouver un chèque de 1000 000 F.

Monsieur l’Abbé de Clarens et Monsieur Bujon vont essayer de vendre quelques oripeaux au marché au puces. A la sortie, découragés par le petit gain réalisé, ils vont prendre un café dans un bistrot et devisent sur leur infortune. Quelqu’un se préente à eux et leur dit:

«Monsieur l’Abbé, il semble que vous vouliez créer une oeuvre et que vous n’avez pas d’argent. En effet», répond l’Abbé, qui expose rapidement son projet. Réplique de l’intéressé : «Eh bien, je n’ai pas conscience d’avoir fait dans ma vie un geste de don suffisant, je vous prie donc d’accepter ce petit chèque». Il s’agissait d’un chéque de 1 million de francs. L’inconnu était M…., des pompiers de Paris, dont le fils fut par la suite élevé à Sainte-Croix des Neiges ».

Prochain épisode au 2ème trimestre : L’OUVERTURE.